Dugong transatlantique

Dugong transatlantique

Cuba, le Centre, avril-mai 2017

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Cienfuegos - Santa Clara - Trinidad - Camagüey 

 

Cienfuegos

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Nous laissons les superbes plages de Cayo Largo pour nous installer dans la marina de Cienfuegos ce qui nous permet de visiter l’intérieur de l’île sans se soucier de la sécurité du bateau. Le coût de la marina reste assez onéreux 26 USD par jour pour un 39 pieds (hors eau & électricité) lorsqu’il y a de la place !  Entretien du linge 2 CUC le kilo.

 

Un peu d’histoire : Fondée au XIXème S. par un colon bordelais Jean-Louis Laurent de Clouet de Piettre, Cienfuegos est aujourd'hui la cinquième ville du pays avec son centre historique classé au patrimoine de l’humanité de l’Unesco et son port industriel doté d’une raffinerie. Cocorico la ville de Cienfuegos est jumelée avec la ville de Saint-Nazaire. 

 

La ville fait des efforts de propreté avec notamment son centre de tri mais il reste encore à faire: l’eau du fond de la baie est une infection dû aux déversements des eaux usées. 

 

Quelques palais, anciens casinos de la mafia construits à l’époque de Batista (avant la révolution cubaine) bordent la baie de long du Malecon. De belles demeures coloniales restaurées avec soin abritants musées, théâtres, galeries d’art… entourent la place Marti en contraste avec les quartiers plus populaires où grouillent les carrioles à chevaux, les vélos taxis, les veilles guimbardes automobiles, les charrettes de fruits et de légumes. La ville ressemble à ce petit cimetière La Reina qui date de 1839. La partie centrale est réservée aux familles riches (pierres tombales en marbre de Carrare ou en marbre gris provenant de l’île de la Jeunesse) et celle de gauche presque abandonnée est destinée aux familles populaires.

 

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Mais Cienfuegos est bien vivante, les rythmes musicaux s’entrechoquent en fin d’après-midi, des groupes de reggaeton se produisent ici et là tandis qu’un marchand à vélo annonce du pain frais, que le ferrocaril siffle son arrivée en ville, que les rabatteurs hurlent pour un tour en taxis-co, en bicy-taxis ou en carriole à cheval, le tout noyé dans un concert de klaxons.

 

Cienfuegos est une ville pleine de charme où il fait bon flâner à toute heure de la journée sans oublier le passage au mercado municipal pour un approvisionnement en frais varié et de qualité.

 

Mais que les cubains sont patients : PATIENCE, PATIENCE, PATIENCE.

Ont-ils vraiment le choix dans ce régime ?

En effet, au bureau de l’immigration, nous avons attendu 4h30 avec une queue de plus de cent personnes devant nous afin de renouveler d’un mois notre visa touristique.

Pour acheter les timbres nécessaires à cette prolongation nous avions déjà fait une queue de 2h30 à la banque de Santiago de Cuba.

On fait aussi la queue pour acheter les cartes pré-payées Etecsa pour le wifi : entre 1 à 2 heures (pas de cadeau au grattage !).

Dans la majorité des cas on ne vous donne pas de numéro d’attente. En rentrant on demande qui est son « ultimo ».  Une fois repairé ne pas quitter des yeux cette personne durant les longues heures d’attente car vous serez le suivant ! L’avantage c’est que l’on peut faire des rencontres avec nos voisins d’infortunes, les langues alors se délient.

 

Santa Clara

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Nous voilà partis de Cienfuegos pour la journée en direction de Santa Clara à bord de cette pimpante Chevrolet des années 50. Exemple typique de la débrouillardise cubaine, cette voiture est motorisée avec un moteur Mercedes 5 cylindres diesel, possède quatre freins à disque avec des jantes en alliage et un volant de C35 !

 

Un peu d’histoire : Fidel Castro rend un hommage grandiose à son compagnon de combat Ernesto « Che » Guevara (1928 - 1967) en édifiant une statue en bronze de 7 mètres de hauteur surplombant un musée ainsi que le mémorial de los Martines de la Révolution où repose la dépouille du Che entourée des hommes tombés avec lui au combat en Bolivie en 1967. 

Ce lieu n’a pas été choisi pas hasard puisque c’est à Santa Clara que le Che fit vaciller l’armée régulière de Batista en s’emparant d’un train blindé rempli d'armes et de munitions.

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Ce héros national incarne encore aujourd’hui la lutte aux côtés des plus faibles et du respect sans condition des engagements : Hasta la Victoire Siempre (« jusqu’à la victoire, toujours »). 

 

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Devenu un icône pour des millions de personnes n’oublions pas que Ernesto, le Carnicerito (le Petit Boucher) a fusillé plusieurs centaines d’opposants politiques cubains sans oublier certains méfaits peu glorieux que l’histoire à oublier. 

 

Trinidad

Notre deuxième point de chute après Cienfuegos. Nous irons en deux temps en bus avec la compagnie Viazul depuis Cienfuegos et nous ancrerons le Dugong dans la mangrove en rentrant des jardins de la Reine. Face à la marina Casilda, pour 10 CUC la nuit le Dugong séjourne en toute sécurité une dizaine de nuits pendant que ses propriétaires visitent La Havane et Vinales !

Peu de places disponibles dans cette minuscule marina où les catamarans de promenade à la journée sont installés à l’année.

Au retour nous achetons les cartes wifi à l’hôtel Ancon, dinons pour 10 CUC par personne (buffet à volonté, boissons et apéritifs inclus) et laissons notre linge à une employée de l’hôtel. 

C’est bon de retrouver notre chez-soi.

 

Paisible est cette petite ville pavée où les belles maisons basses se sont transformées en musée, musée/resto ou reconverties en casas particulares. Ici on prend le temps de flâner dans les ruelles et de s’y perdre. La musique est partout à toute heure de la journée. On se trémousse sur du reggaeton, on fait ses courses à cheval, on livre l’eau potable en petit camion citerne, on boit un excellent café cubain en pleine air chez Don Pepe, on monte au mirador de la Vigia pour admirer la cité coloniale et la vallée de los Ingenios, on visite aussi l’inévitable musée de la révolution. Située dans l’ancien couvent de Saint-François-d’Assise une salle est consacrée aux interventions réalisées contre les groupes anticastristes. 

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Un peu d’histoire : Une ville coupée du monde pendant plus d’un siècle dans un pays coupé du monde ! Au début du XXème siècle une voie ferrée ainsi qu’une route relient enfin Trinidad au reste de l’île. 

Au lieu de rentrer du Mexique directement sur La Havane, Fidel a préféré arriver avec son bateau le Granma dans la région de Trinidad pour conquérir Cuba. En effet la population était déjà très largement dans l’opposition révolutionnaire.

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La vallée de Los Ingenios ou la vallée des sucreries

 

Nous louons un taxi pour la journée enfin deux, le premier est tombé en panne à la sortie de Trinidad ! Dommage la voiture était sympa.

 

La vallée de San Luis s’étend sur plus de 30 km est surprenante par sa nature luxuriante.

 

Un peu d’histoire : Inscrite au Patrimoine de l’humanité de l’Unesco en 1988, les 70 moulins à sucre n’existent plus. Un centre archéologique en cours de restauration rappelle l’histoire de cette vallée, les grands exploitants, l’esclavage. Si cette incroyable tour bâtie sur le village de Manacas Iznaga de 43,50 mètres de haut pouvait parler elle raconterait certainement comment les maitres surveillaient les centaines esclaves au travail dans les champs… 

 

Depuis quelques années, les exploitations de canne à sucre ont fait place aux cultures de bananiers, de manguiers, de caféiers, d’avocatiers et de goyaviers. L’hacienda Guachinago, demeure de caractère, gérée par l’état fait partie de cette nouvelle tendance. 

 

Une ballade bien sympa.

 

 

Camagüey 

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A la tombée du jour, nous arrivons en bus avec la compagnie Viazul dans cette jolie petite bourgade de province le week-end de Pâques. On nous accueille avec enthousiasme chez Alfredo y Milagros, casa particular où le chef nous concocte un délicieux « poulet aux épices de la casa ».

 

Les touristes ancrent dans les casas particulares. Cette pancarte bleue est placée sur la   façade de la maison. AIMG_0639.JPGttention le signe en rouge est réservé aux cubains. La maitresse de maison se fait un devoir de tenir la chambre propre, serviettes, savon parfois, mini-bar dans la chambre à discrétion.  Entre 25 et 40 CUC la nuit. Petit-déjeuner en sus 5 CUC par personne (très copieux), diner proposé dans certaines casas 10 CUC par personne (très copieux).

 

Nous nous mélangeons à la population et suivons les processions religieuses joyeusement. Les prêtes de la Merced, de la Catedral et de San Juan de Dios chantent, dansent dans l’allégresse de la résurrection de Jésus. Ils nous serrent les mains et nous enlacent. Ces journées sont fortes en émotions, nous nous rendons dans les huit églises sur neuf que compte la ville et exprimons notre profond remerciement pour la guérison de Fabien, le frère de sophie qui rentre du Brésil. 

 

Un peu d’histoire : Classée en 2008 au Patrimoine mondial de l’Unesco, son centre ville d’époque coloniale invite à la flânerie autour des multiples placettes des différents quartiers. Nous découvrons les fameuses jarres typiques de la région, les tinajones dans les vastes patios des demeures hispaniques. 

Emblème de la ville de Camagüey, les tinajones sont des jarres en terre cuite de 2 à 4 mètres de hauteur servant de réservoir d’eau douce. Il était impossible de creuser des puits en raison de la nature de la roche et du climat. En 1900 il y avait 16.000 jarres, aujourd’hui on n’en compte environ que 2.500. Quelques artistes locaux se sont inspirés de ces jarres pour créer des oeuvres uniques.

 

Outre ses églises, certaines demeures sont restaurées en musées présentant de véritables trésors: meubles coloniaux, objets Art Déco, Empire. Bien entendu, d’autres palais historiques sont consacrées à la révolution castriste.

 

Sur la route en direction du musée Ignacio Agramonte (deuxième collection de peinture du pays après la Havane) nous sommes interpellés par la vétusté de la gare de chemin de fer ainsi que du matériel roulant. Comme des bestiaux la population s’entasse dans des wagons hors d’âge. Est-ce ainsi dans tout le pays ?

 

Ces trois jours passés à Camagüey nous ont emballés et nous ont permis de découvrir en partie, le mode de vie cubain.  

 



08/06/2017
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